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Dans la famille des Bétulacées on compte environ 35 espèces de bouleaux. Ils sont un élément important de la forêt laurentienne et de toutes les régions froides de l’hémisphère nord.
De nom latin Betula, ce sont des arbres à troncs grêles, à l’écorce caractéristique presque indestructible, qui les distingue bien de tous les autres arbres. Nous parlerons surtout ici de l’espèce Betula papyrifera, bouleau blanc ou bouleau à papier (canoe birch), très reconnaissable à son écorce blanche. C’est un feuillu pouvant atteindre 30 mètres de hauteur, qui croît dans nos forêts du nord où se mêlent trembles et conifères, il atteint sa maturité vers 70-80 ans et peut vivre de 150 à 200 ans. C’est l’un des rares arbres américains qui est plus répandu maintenant qu’à l’arrivée des européens dans le nouveau monde, le défrichement et les incendies ayant favorisé sa propagation. Son bois dur est beaucoup employé pour des revêtements de planchers, des meubles et comme combustible, il y a donc un rejet important d’écorces, qui peuvent être utilisées à bon escient. En effet, plusieurs chercheurs ont démontré que la partie externe de l’écorce de bouleau contient une très haute concentration de produits naturels terpéniques dont le bétulinol, triterpène (composé de 30 atomes de carbone) intéressant pour ses propriétés thérapeutiques.
Le bétulinol ou bétuline, d’où origine la blancheur de l’écorce, a été isolé du bouleau pour la première fois en 1788, mais sa structure chimique n’a été établie qu’en 1950. Dans l’écorce externe, le contenu en bétulinol peut varier de 10 à 30% selon le type de sol, l’âge de l’arbre, la saison etc. Dans l’écorce interne, riche en composés phénoliques, le contenu en bétulinol baisse à 2% et dans le bois on détecte le bétulinol en traces seulement. L’extraction du bétulinol peut se faire en utilisant divers solvants organiques et le rendement d’extraction du Betula papyrifera québécois se situe autour de 12%.
En plus de posséder une certaine activité anti-virale et anti-inflammatoire, le bétulinol dans l’extrait de bouleau est aussi utilisé dans des produits cosmétiques protégeant la peau et les cheveux contre les rayons UV et les tensioactifs. Mais l’intérêt majeur du bétulinol vient du fait que certains de ses dérivés comme l’acide bétulinique sont efficaces dans la prévention et le traitement du cancer de la peau (mélanome) de même que dans le traitement du SIDA.
L’acide bétulinique est présent dans le bouleau et autres végétaux en faible quantité seulement, il devient donc avantageux de pouvoir utiliser le bétulinol, présent en plus grande quantité, et de le transformer en acide bétulinique avec un bon rendement.
En sachant que l’approvisionnement en écorces de bouleaux ne représente pas un problème, l’industrie du bois en rejetant une grande quantité, on peut présumer que l’avenir thérapeutique de l’acide bétulinique est assuré.
France-Ida Jean
André Pichette
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